Population
17 428 298, en 2025.
Langue officielle
Le néerlandais de facto.
Langues parlées
Le néerlandais standard, Algemeen Nederlands, serait la langue maternelle de 87% des Néerlandais. Sans doute un peu moins en réalité, puisque certains de ces locuteurs ont utilisé d’abord une variété dialectale issue des langues franciques ou saxonnes. Ces dialectes sont encore vivants et des efforts sont fait pour en préserver la diversité. Le frison, une langue germanique voisine de l’anglais, est parlé dans l’archipel des Wadden et dans la province de Frise. Elle pèse 4% des Néerlandais. Germaniques aussi, l’allemand (1,6%) et le groningois (1,5%). Ensuite, viennent les langues issues de l’immigration, dont les principales sont le surinamien (2% ; histoire coloniale) ou le Turc (1,7%). D’autres nombreux idiomes ne sont parlés que dans des cercles restreints. La loi confère un statut à des langues minoritaires territoriales : frison, bas-saxon, limbourgeois ; ou non territoriales : romani et yiddish. Aux Antilles, l’anglais et l’espagnol viennent avant le néerlandais. On y parle aussi le créole papiamento. Enfin, les Néerlandais pratiquent très généralement l’anglais.
Peuples
Les Néerlandais de souche représentent à peu près les trois-quarts de la population. Le quart restant étant issu d’immigrations très diverses. Les Turcs et les Marocains, les Indonésiens et les Surinamiens sont les plus nombreux. Et on est venu d’Europe en nombre respectable. Bon an mal an, les Néerlandais autochtones se maintiennent et l’immigration assure au pays une croissance démographique modeste, mais constante.
Religions
Pays de vieux christianisme, puis de calvinisme, puis de pilarisation (organisation de la société autour de piliers confessionnels), les Pays-Bas sont désormais un pays d’agnosticisme. Les personnes se déclarant sans religion (ce qui ne signifie pas nécessairement sans option spirituelle) sont désormais majoritaires. Les autres étant surtout catholiques (18,2%) ; région sud. Le protestantisme s’amenuise inexorablement (13,2%) ; Bijbelgordel sud-ouest / nord-est. Le dynamisme de l’islam (5,6%) provoque des réactions contrastées. Après la saignée de la 2nde Guerre mondiale, le judaïsme n’a plus une démographie correspondant à son importance culturelle.
Fête nationale
27 avril : anniversaire du roi Willem-Alexander (célébré le 26 si le 27 est un dimanche).
Calendrier des fêtes
1er janvier : jour de l’an.
En mars ou avril : Pâques (vendredi saint, dimanche et lundi). Pentecôte (dimanche et lundi), 7e dimanche après Pâques.
27 avril : fête nationale.
En mai : Ascension.
4 mai : jour des Victimes de la 2nde Guerre mondiale.
5 mai : jour de la Libération (célébré tous les cinq ans).
Premier samedi de septembre : fête des fleurs (Amsterdam).
5 décembre : Saint Nicolas.
25 et 26 décembre : Noël.
Politique
Le Royaume des Pays-Bas est composé de quatre Etats : Pays-Bas, Aruba, Curaçao, Saint-Martin / Sint Maarten. Les Pays-Bas-mêmes comprennent douze provinces, plus trois municipalités à statut particulier – Bonaire, Saba et Saint Eustache / Sint Eustatius – qui constituent les Pays-Bas caribéens. Seules les douze provinces appartiennent à l’Union Européenne.
Le Royaume est une monarchie constitutionnelle réglée par la constitution de 1815, qui est la plus ancienne à avoir cours aujourd’hui. Et le monarque n’y est pas uniquement pour alimenter les gazettes. Il est chef de l’Etat, et chef du gouvernement de jure. Il nomme le premier ministre et le gouvernement sur proposition de celui-ci (majorité parlementaire ; dans le cadre d’une coalition, en règle générale). Il contresigne les lois. Il est aussi président du conseil d’Etat, la plus haute juridiction administrative. En revanche, roi ou reine ne doivent manifester aucun penchant partisan.
Le pouvoir législatif est détenu par un parlement bicaméral, les Etats généraux du Royaume des Pays-Bas. La 2nde Chambre, ou chambre basse, est à 150 membres élus pour quatre ans au suffrage universel direct. En plus de sa fonction législative, elle joue un rôle essentiel de contrôle du gouvernement. La 1ère Chambre, ou chambre haute, est à 75 membres élus pour quatre ans au suffrage universel indirect. Son rôle est comparable à celui du Sénat français. Un pétitionnaire ayant recueilli au moins 40 000 signatures peut présenter sa question à la chambre basse. La Cour suprême est la clé de voûte du système judiciaire. On doit ajouter encore au dispositif une Cour des comptes, chargée d’évaluer les dépenses engagées par l’Etat, et le Nationale ombudsman, Défenseur des droits, qui a en charge les litiges entre les citoyens et le gouvernement. Le Binnenhof, à La Haye, regroupe les principaux organes du pouvoir.
Histoire
Commençons l’histoire des Pays-Bas aux alentours de notre ère avec la jeune fille d’Yde, en Drenthe. Retrouvée dans une tourbière des marais de Bourtange, son état de conservation en fait la première Néerlandaise que l’on reconnaisse. Ses restes et une reconstitution de son visage sont exposés au musée régional de Drenthe. Lorsqu’au 1er siècle avant J.-C., Jules César arrive à l’embouchure du Rhin, il y rencontre des Bataves. Au nord, ce sont les Frisons. La jeune fille d’Yde aurait été frisonne ? Rapidement Rome établit sa frontière sur le Rhin, creuse des canaux et fonde des villes : Rheno Traiectum / Utrecht, Trajectum ad Mosam / Maastricht. En 68-70 après J.-C., les Bataves se rebellent. Leur capitale Noviomagus / Nimègue est détruite. À la fin du 1er siècle, la région est intégrée à la province impériale Germania inferior, capitale Colonia Claudia Ara Agrippinensium / Cologne.
Dès le IIIe siècle, les Barbares s’insinuent en pays batave. Au Ve, ils en prennent possession. Les Frisons se maintiennent. Les Bataves sont subjugués par les Francs. Ces derniers vont faire la pluie, le beau temps et, à partir de Clovis, le christianisme. Le pays est intégré à l’Austrasie. Si les Francs ne donnent pas trop de fil à retordre à saint Éloi et saint Lambert, les Frisons sont peu accueillants à l’apostolat de saint Willibrord et saint Boniface. Ce dernier étant même martyrisé à Dokkum en 754.
En 843, lorsque l’empire de Charlemagne et de Louis le Pieu est divisé, les actuels Pays-Bas échoient à la Francie médiane ; laquelle se dissolvant rapidement, ils passent à la Germanie, bientôt Saint-Empire. Autour de l’an mil, des paysans flamands s’en vont peupler et exploiter les terres occidentales. La Hollande sera le résultat de ce développement. C’est alors le Moyen Âge et sa mosaïque de seigneuries batailleuses. Aux XIVe et XVe siècles, les ducs de Bourgogne, utilisant tous les moyens à leur disposition (du mariage à la guerre), vont réunir et administrer les pays de par-deçà – Picardie, Flandre, provinces des Pays-Bas, Luxembourg. Jusqu’à ce que Louis XI de France mette fin à cette brillante entreprise. Les provinces des Pays-Bas imposent alors à une Marie de Bourgogne affaiblie le Grand Privilège, qui les maintient dans une union mais accorde à chacune une large autonomie. En 1477, Marie épouse Maximilien de Habsbourg. De bourguignons, les Pays-Bas deviennent, bientôt et non sans mal, espagnols : Marie et Maximilien ont un fils, Philippe le Beau, qui a lui-même de Jeanne de Castille (dite la Folle) Charles ; lequel, devenu Charles Quint, confie à son fils Philippe l’Espagne et les Pays-Bas (dont il a réuni tous les composants sous son sceptre). On est au mitan du XVIe siècle. Peu de temps avant, la Pragmatique Sanction a consolidé les dispositions unitaires du Grand Privilège. Le Bourgondische Kreits, comprenant surtout les 17 provinces néerlandaises, est une unité.
À ce moment, la Réforme est devenue une réalité dans les Pays-Bas ; le mennonisme anabaptiste en est même un développement frison. Néanmoins, le calvinisme donne le ton – l’Église réformée néerlandaise est fondée en 1571. À cela, Charles Quint et Philippe II réagissent vivement, puis violemment. Les questions religieuses s’entrelacent avec les politiques. Sans se recouvrir encore exactement. Les revendications nobiliaires sont réprimées. Les populations s’engagent contre l’Espagne. Dont l’effort principal porte sur les provinces du sud. En 1581, les provinces du nord – Union d’Utrecht – promulguent l’acte d’abjuration, qui prive Philippe II de ses droits sur les 17 provinces. Sept ans plus tard, c’est la déclaration d’indépendance des Provinces-Unies, soit Groningue, Frise, Overijssel, Gueldre, Utrecht, Hollande et Zélande. Les provinces du nord prennent le large. Cette sécession sera de droit après le traité de Münster en 1648. Lequel fait partie du grand règlement européen qui met un terme et à la guerre de Quatre-Vingts Ans et à celle de Trente Ans.
Le conflit a radicalisé les positions : les provinces indépendantes sont désormais calvinistes ; celle demeurées sous la tutelle espagnole, catholiques. Les Provinces-Unies se donnent une structure politique, autour de leurs libertés, d’un parlement et de responsabilités confédérales : stathouder à fonction militaire et grand-pensionnaire à fonction diplomatique. Le dernier titre ne désignait qu’une primauté, celle de la Hollande. Quant à l’église calviniste, elle domine de facto le paysage ; catholiques, mennonites ou luthériens n’étant tout simplement pas admis à certaines fonctions. La liberté religieuse a un prix.
La dynamique de l’indépendance se double pour la nouvelle République d’une dynamique économique, technologique, militaire et culturelle. L’art et les progrès de la navigation l’engagent dans une projection mondiale : les Néerlandais fondent Batavia / Jakarta ; Nieuw-Amsterdam, sur l’île de Manhattan ; Le Cap. Ils supplantent un peu partout des Portugais moins allants. La Vereenigde Oost-Indische Compagnie contrôle le commerce lucratif des épices ; la West-Indische Compagnie se livrant, entre autres activités, à la guerre de course et au négoce des fourrures. On accueille juifs et protestants français, par esprit d’équité mais aussi par intérêt bien compris. Les moyens croissent. Et les arts florissent. Peinture – Rembrandt van Rijn, Johannes Vermeer, Frans Hals ; musique – Jan Sweelinck, Jacob van Eyck ; littérature – Gerbrand Bredero, Jeremias de Decker, Pieter Hooft. René Descartes passe par là ; Baruch Spinoza, excommunié, polit des lentilles optiques et rationalise sans concession. C’est le Siècle d’or.
Les bisbilles sont souvent avec la France, en état de Grand Siècle. En 1673, Vauban met le siège devant Maastricht. Il y gagne la ville et y perd d’Artagnan. Les Provinces-Unies s’opposent à Louis XIV lors de la guerre de Succession d’Espagne, 1701-1714. La guerre de Succession d’Autriche, 1740-1748, ne les met pas non plus dans le camp des fleurs de lys. Puis la République néerlandaise est prise dans les remous de la Révolution. Sous la poussée de Pichegru et de l’esprit du temps, elle devient République batave, mais peine à se donner une constitution. Tant et si bien que Napoléon lui impose un roi, son frère Louis qui, bientôt las de prendre des coups, jette l’éponge. Les provinces sont alors annexées à l’Empire. En 1813, l’aigle bat de l’aile et ses armées se retirent des Pays-Bas. Willem Frederik van Oranje-Nassau, fils du dernier stathouder, ceint la couronne.
Dans l’Europe du congrès de Vienne, le Royaume des Pays-Bas réunit à nouveau les Provinces-Unies, la Belgique et le Luxembourg (auxquels il faut ajouter les possessions d’outremer). Pendant quinze ans. En 1830, la Belgique fait sécession. Le Luxembourg se scinde puis accède à l’indépendance. Le traité des XXIV articles de 1839 officialise. Pendant la seconde moitié du XIXe siècle, les choses se tassent. La grande question d’alors est la libéralisation. Le roi Guillaume II s’y est rallié par sens politique ; Johan Rudolf Thorbecke en est la cheville ouvrière. En 1848, il a fait réviser en ce sens la constitution de 1815. La pilarisation permet de relâcher un peu les tensions confessionnelles et sociales. On se consacre au développement économique. La population augmente. Elle va doubler entre 1900 et 1950.
La 1ère Guerre mondiale met à l’épreuve du feu la neutralité des Pays-Bas. Elle est respectée. Sans doute parce que les Alliés autant que l’Axe y ont intérêt. Quoi qu’il en soit, cela permet au pays de tourner. Et d’épauler la Belgique qui n’a pas la même chance. En 1919, le droit de vote est accordé aux femmes. La crise des années 30 frappe durement l’économie néerlandaise. Et le retour de la guerre trouve le royaume mal préparé. Car, cette fois-ci, sa neutralité ne le protège pas. Nonobstant, l’armée se défend avec énergie. Suivent les années d’occupation. Les Juifs partent pour Auschwitz, Sobibor, Bergen-Belsen. Après-guerre, les grands chantiers sont la reconstruction économique, les conséquences de la décolonisation, la mise en place de l’État social et l’intégration aux organismes internationaux : Benelux, OCDE, Otan, Communauté européenne du charbon et de l’acier, puis CEE. Le 1er février 1953, un raz-de-marée provoque des inondations effroyables dans le sud-ouest, tuant près de deux mille personnes. La reine Juliana se montre à la hauteur. Le plan Delta est décidé. En dépit des difficultés inhérentes aux périodes de convalescence, les Pays-Bas sont bien armés pour profiter des opportunités offertes par le nouvel ordre mondial. L’économie redémarre vivement et encaisse les chocs pétroliers. Les mouvements de contestation sociale obtiennent des aménagements, sans ébranler le système. Pendant la période de décolonisation, de la fin de la guerre au milieu des années 70, ce sont 350 000 personnes qui gagnent la métropole. L’emprise de la religion sur les personnes faiblit ; le vieux libéralisme néerlandais trouve de nouvelles formules économiques ou sociétales. Le pragmatisme aussi. Au XXIe siècle, face aux nouveaux enjeux politiques, culturels, environnementaux, les réactions sont contrastées.
Personnalités
Willibrord d’Utrecht, 658-739. Premier évêque d’Utrecht, Willibrord, moine bénédictin et prélat missionnaire, est l’un des évangélisateurs des Pays-Bas et de la Frise. Né en Northumbrie, formé en Angleterre – Ripon – et en Irlande – Rath Melsigi – il défendit le christianisme nicéen. Il est l’un des thèmes du Canon historique des Pays-Bas (enseigné dans les écoles primaires du pays).
Jacqueline de Bavière, 1401-1436. Une vie brève, bousculée par les deuils, les héritages, les ambitions. On est à l’époque des danses macabres. Jacqueline de Wittelsbach fut veuve à quinze ans et comtesse de Hainaut, de Hollande et de Zélande. Pour un mariage d’amour, elle finit par céder ses possessions à son cousin de Bourgogne Philippe le Bon. Elle meurt deux ans plus tard au château de Teylingen.
Érasme, 1466-1536. Didier Érasme est à la fois exemplaire de l’humanisme de son temps et le prototype de l’intellectuel du nôtre. On sait de lui l’Éloge de la folie et le Petit traité de savoir-vivre à l’usage des enfants. On a un peu oublié les Colloques. C’est parce qu’on lit moins. L’édition grecque du Nouveau Testament, l’Exomologèse ou manière de se confesser ou la diatribe Du libre arbitre sont hors de nos radars. C’est dommage, car l’œuvre d’Érasme de Rotterdam est de combat et de raison.
Abel Tasman, 1603-1659. Ce qui est étonnant lorsque l’on se penche sur les grandes explorations maritimes du XVIIe siècle, c’est le mélange de la minutie descriptive et du flou de la vision générale. Dans ce contexte, Tasman a découvert la Tasmanie – qu’il appelait Van Diemensland – la Nouvelle-Zélande, de bonnes parties de l’Australie, les Fidji et les Tonga. Au fond, accepter l’incertitude, peut-être est-ce ça, l’aventure.
Rembrandt van Rijn, 1607-1669. Il y a tant de belles choses au Rijksmuseum, et un compte-rendu esthétique si impressionnant du Siècle d’or. Toutefois, lorsque l’on arrive devant la Ronde de nuit, vlan ! C’est encore une autre affaire. Le génie en grand et en détail, l’œuvre majeure. On peut aller aux Pays-Bas pour ça seulement. Bien sûr, Rembrandt fut un homme de son temps, un peintre dépendant des commandes qu’on lui passait, un chrétien, un mari, un voisin de Spinoza, mais il fut surtout un prodigieux artiste graphique.
Aletta Jacobs, 1854-1929. Aletta fut la première Néerlandaise titulaire d’un diplôme de l’enseignement supérieur. Et son frère Eduard, le premier maire juif du pays. Avec ça, le docteur Aletta Jacobs a milité pour le droit des femmes à l’éducation, à la contraception, au suffrage. Elle fut aussi une militante pacifiste persévérante. Une figure du libéralisme social et une illustration de la part prise par les Juifs à l’évolution des Pays-Bas.
Etty Hillesum, 1914-1943. Le journal intime que tint Etty Hillesum en 1941 et 1942 est l’autre journal issu de la destruction des Juifs des Pays-Bas. Le plus célèbre est celui d’Anne Frank. Les deux documents étant très différents. Le parcours spirituel d’Etty Hillesum sous la pression des mesures de destruction impressionne tant par sa radicalité mystique que par l’humanité dont il témoigne. Déportée du camp de Westerbork, elle meurt à Auschwitz en novembre 1943.
Sylvia Kristel, 1952-2012. Quoi qu’on en pense sur le fond, il faut confesser que le corps de Sylvia Kristel a été un motif saillant de la culture des années 70. Point même n’était besoin d’avoir vu Emmanuelle, Just Jaeckin, 1974. Bien entendu, une telle exposition a des conséquences pour la personne et le métier : Sylvia Kristel n’a pas eu la carrière d’actrice à laquelle elle aspirait. Elle finit par trouver dans la peinture une expression personnelle.
Johann Cruyff, 1947-2016. Le sport est cruel. Et quand les Pays-Bas se sont inclinés devant l’Allemagne en finale de la coupe du monde de football 74, on a même pensé qu’il était injuste. Tant Johann Cruyff avait illuminé la compétition. En fait, Berti Vogts avait trouvé la parade. Les lauriers furent donc récoltés en club : Ajax Amsterdam, FC Barcelone, Feyenoord Rotterdam. Il n’en demeure pas moins que, si le football va plus vite aujourd’hui, c’est à Cruyff qu’il le doit.
Ireen Wüst, née en 1986. Certaines admirations ne se partagent pas. Ainsi Ireen Wüst, dont le palmarès est pourtant colossal. La page Wikipedia qui lui est consacrée n’existe qu’en version néerlandaise. C’est un peu injuste. Il y a des athlètes moins impressionnants qui sont beaucoup plus répandus. Mais le patinage de vitesse, pour spectaculaire qu’il soit, est une spécialité beaucoup plus confidentielle que le gouda ou les tulipes.
Savoir-vivre
Le pourboire est à l’appréciation des clients. Pour toute personne intervenant dans le cadre des prestations achetées par notre intermédiaire, il ne se substitue jamais à un salaire. Néanmoins, il est d’usage un peu partout dans le monde de verser un pourboire lorsqu’on a été satisfait du service.
En ce qui concerne le personnel local – serveurs, porteurs, etc. – les usages varient. Le mieux est d’aligner votre pourboire sur le prix d’une bière, par exemple, ou d’un thé, d’un paquet de cigarettes. Il vous donne un aperçu du niveau de vie et vous permet, comme vous le faites naturellement chez vous, d’estimer un montant.
Aux Pays-Bas, les cyclistes sont ubiquitaires et assurés de leur bon droit. Comme tous ceux qui se trouvent du côté on du droit, ils manquent parfois de souplesse et semblent oublier disposer d’un frein. On est donc attentif à leurs trajectoires et pistes réservées.
Dans un coffeeshop, on peut consommer du cannabis ; dans un coffee shop, du café.
Cuisine
Il faut le dire, les Néerlandais, qui sont longtemps passés pour des producteurs d’insanités fromagères industrielles, se sont battus pour leurs fromages au lait cru. On leur doit donc, par courtoisie mais aussi par justice, le respect. Et on jette un nouveau regard sur le gouda, fromage-Astérix ayant seul résisté aux pressions hygiénistes.
Le pain, la soupe et les produits de la mer sont les piliers de la consommation traditionnelle. Le premier est d’une grande variété, se mange à toutes les sauces et constitue la base d’innombrables formules de tartine. La seconde est épaisse et tient au corps ; le snert est une soupe de pois dont la recette change un peu d’une table à l’autre. On imagine qu’elle est servie dans les tableaux de Brueghel. Les natures mortes du siècle d’or hollandais ont donné aux troisièmes leurs lettres de noblesse. Aujourd’hui comme hier, les Néerlandais les cuisinent avec ferveur. La viande est souvent en potée. Ou en sauce. Le hutspot de Leyde se faisait avec du panais, il se prépare aujourd’hui avec de la pomme de terre. Les saucisses fumées se marient à cette dernière ou à la choucroute. Légumes et crudités occupent une place grandissante dans l’alimentation. Endives et asperges sont de tradition. On mange volontiers des gâteaux. Et plus volontiers encore des sucreries : hopje, speculaas, griotten, etc.
On doit aussi mentionner la rijsttafel. C’est la cuisine indonésienne en réduction et en concentration. Pour faire les honneurs de leur domaine d’administration (ou pour se rappeler le bon vieux temps), les coloniaux néerlandais ont imaginé d’en réunir les préparations culinaires caractéristiques et de les servir simultanément. Résultat, une assiette de riz blanc entourée d’une ribambelle de petits plats tous différents. La rijsttafel tient un peu le rôle du curry en Grande-Bretagne ou du couscous en France.
Street food : si on veut se faire plaisir dans les rues néerlandaises, on s’arrête au kiosque à poisson pour un petit pain au hareng jeune, maatje, ou à l’anguille fumée, ou aux nuggets de cabillaud. Les kroketten ont elles aussi leurs kiosques, et même leurs distributeurs automatiques. Les bitterballen, qui en sont proches, font souvent office de pub grub. Les frites s’emportent en cornet. Hypoglycémie ? Une stroopwafel, gaufre au sirop.
Boissons
Aux Pays-Bas, on boit beaucoup de lait, de café et de thé. De la bière aussi. Les grands fabricants de pils sont heureusement concurrencés par les microbrasseries, qui fournissent des mousses moins standardisées. Toutefois, la boisson nationale est sûrement le genièvre, jenever. Un alcool de grain aromatisé qui est, avec la bière, le carburant des conversations de café brun.